Sunday Jan 27th

La vraie Vie.

La Liberté. La Musique. Le Partage.

Magical day.

Je partage, donc... Attention, ça s'enchaîne...



11 h: je regarde le programme du Smalls Club pour la journée. A 13 h commence une masterclass du chanteur Marion Cowings. $40 pour écouter et participer à l'atelier. Je n'ai pas pris mon petit déjeûner... On s'en fout. 

Je file à toute vitesse prendre le train qui me dépose à quelques pas du Smalls.

Passant en courant devant la porte du Village Vanguard, je me dis que comme ça, parfois, la Vie c'est génial. J'arrive avec quelques minutes de retard. Marion m'adresse un sonore "Hi, please come and join us!"... Il y a sept personnes assises devant lui. Des garçons et des filles qui viennent apprendre, chanter, écouter sa critique. Et derrière lui, à la batterie, il y a un sourire que je reconnais instantanément: Frank Levatino, le batteur de Mike Kanan avec qui j'ai joué chez Arturo.

Il me fait de grands signes de derrière ses toms. Je suis très heureuse de le voir là.

Je participe à la masterclass. Je chante. Encouragements de Marion.

Marion Cowings est un chanteur comme j'en ai rarement entendu. Sa voix ressemble à s'y méprendre à celle de Mark Murphy... en mieux. Je suis bouche bée dès qu'il ouvre la sienne.

Ses critiques et commentaires sont très constructifs. Il a dit deux, trois choses que je n'oublierai jamais.

Ce genre de petites phrases qui restent gravées...

Je fais la connaissance de Miki, une japonaise à croquer. Elle rit en petits cris aigus, parle français couramment, avec un fort accent marseillais, son cousin habite là-bas. Hilarant.

Son mari est pianiste, il est en tournée à New York et elle l'accompagne.

Petit bout de femme chantante.

Giovanni Scotta, vingt-cinq ans, pianiste, fraîchement débarqué de son Piémont natal, vient passer trois mois à New York et prend des cours d'anglais chez Carol, flûtiste et saxophoniste quinquagénaire qui a vécu longtemps à Milan et parle couramment l'italien.



Toulouse, Tokyo, New-York et Turin.



Il y a Jackie, soixante dix-huit ans, qui est là, elle aussi. Elle s'installe au micro, garde son béret bleu bien vissé, et chante. Elle est si connectée à la musique que les critiques de Marion et ses commentaires semblent presque l'agacer. Photo.



Frank prend le micro à son tour, et chante en adressant de malicieux baisers à la serveuse rougissante.

16h. Fin de la Masterclass. Suivra une jam session avec John Merrill, on décide de rester.

Frank Levatino doit aller jouer ailleurs, il m'invite à dîner plus tard avec ses amis dans le Village.

Validé. On se texte...



Carol a acheté un énorme paquet de chips. Les meilleures du monde.

Je propose un toast. Giovani, agitant frénétiquement la tête, sourcils froncés, refuse catégoriquement qu'une fille lui paie un verre. On se marre. 



Mon ventre gargouille. Carole m'indique un petit restaurant où ils font de super sandwichs maison, just round the corner. Une jeune fille adorable prend ma commande. Je reconnais son accent. Are you French? Oui!

Anne, vingt-deux ans, à New York depuis deux ans. Elle travaille ici cinq jours par semaine, le reste du temps, elle vend ses gâteaux. Elle a monté sa petite entreprise. Délicieuses patisseries françaises.  







Elle me dit que son père est musicien en France. Tiens, ... Et comment il s'appelle?

Louis Moutin. 

Les frères Moutin sont les jumeaux les plus célèbres du Jazz français. Ils jouent dans de nombreux festivals et j'ai eu l'occasion de les entendre à Toulouse en 2010, puis à Sète cet été. 

Ils ont une énergie de déjantés sur scène. Je dis à Anne "j'aime bien leur côté hystéro", elle rigole.

Elle connaît le dossier apparemment.

Elle veut venir écouter quand je chante, et m'invite à venir voir les concerts de son oncle qui vit ici. Gratuits.

Et une copine, une!



Jam.

Je chante deux morceaux, en repensant aux commentaires de Marion, en envoyant une pensée vibrante-pétillante à mon maître, pour toujours, Magali Piétri ✮... 



Fin de la Jam. Je n'ai jamais entendu d'aussi bons musiciens.

Je me régale tellement qu'un sourire béta reste là, au milieu de ma figure... 

Arrive Marti Maben et Saul Rubin, pour un duo guitare-voix. Je reste encore un peu...



Frank me texte. Rendez-vous chez Rafele à 8h 15.

A bientôt Carol and Giovanni. Bon retour Miki...



C'est la tradition, tous les dimanches, Frank dîne avec ses amis, quelque part dans le village. 

Ils vivent tous dans le quartier, ont tous des surnoms, viennent de partout, ont des jobs différents (du loueur de voitures à la serveuse en passant par l'informaticien et l'architecte (au féminin). Parfois, ils sont dix à table.

Ce soir, il ne sont que deux. Frank et Tony. Je reconnais Tony, il est barman chez Arturo. On mange des petites choses italiennes croquantes, fondantes, succulentes, pendant que Frank raconte le tournage du Parrain.

Il sait tout sur les coulisses des grands classiques, il est passionné de cinéma. J'envoie une pensée complice-clin-d'oeil à Pierre que cette conversation aurait sans doute fait pleurer de joie. Raging Bull, Taxi Driver, ... Frank sait tout et raconte en faisant de petites pauses pour créer le suspense...Il imite Marlon Brando... C'est un coup de coeur absolu Frank, un bonheur d'être humain. Il s'étonne: "You hate Sundays?! Really?...

Now you're gonna love them I can tell ya, come and have dinner with us on Sundays. You'll meet the others!" 



Je rentre chez moi, sans me tromper cette fois.

Un mois ce soir que je suis arrivée. J'écoute The Police à fond. Bring On Good Night...

Ça y est, j'ai des potes.

★

1/15

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Monday January 28th

On ne peut pas être tous les jours à 1000%...



Journée ménage avec Maria qui se qualifie elle-même de neat freak, autrement dit de maniaque du ménage. Ça frotte, ça récure, et ça bavarde entre deux portes. Gants et éponges fluos.

On a des milliards de choses à se raconter et le niveau sonore de nos conversations est si élevé que l'on doit nous entendre jusque dans la cour, en bas, c'est sûr....

J'ai peu d'affaires, mais je suis heureuse d'y mettre un peu d'ordre. Je trie mes vieilles photos, aiguise mes crayons, range ma pièce en écoutant WNYC, la radio publique new-yorkaise.



(Voilà, par exemple, un très bon moyen de travailler son anglais, en écoutant des émissions diversifiées, intéressantes, des podcasts... Vraiment parfait oui, pour des élèves de lycée qui pourraient être, en ce moment précis, en train de lire cette phrase... Et puis bon, on n'est pas obligé d'écouter l'émission toute entière. Juste un peu tous les jours, comme ça, pour travailler son épreuve d'oral... J'dis ça...)





Avoir du temps devant soi... Luxe absolu. 

Dans ce vieil immeuble, la propreté de ma coloc a quelque chose de très rassurant. 

Je l'accompagne gaiement. 

Ce petit appartement, au dernier étage, est notre Shelter From the Storm.

J'aime beaucoup ce contraste entre la folie de la ville et le froid au dehors et ce calme ici, cette paix, au chaud... Je commence enfin à me sentir chez moi.



Et puis, Maria parle sans cesse avec Federico au téléphone, et leurs longues phrases italiennes me ravient. J'éteins la radio pour les écouter, comprendre un mots sur trois...

Puis, on se fait livrer une petite pizza (de la taille d'une roue de carrosse, donc) et un bac de glace...Demain, le frigo tout neuf sera livré et accueilli comme un Dieu vivant, sauveur de l'humanité toute entière. Dès qu'il sera là, on filera faire des courses. Trop envie de cuisiner de bonnes choses...



Ce soir, Maria me propose de goûter sa spécialité. Laperitivo. Dirty Martini. 

Ok. Immédiatement, la phrase de rigueur qui s'impose:

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

Ça c'est fait.



Elle sort de beaux verres d'une petite boîte dans la cuisine et la voilà qui remue son shaker avec un large sourire. Les glaçons claquent. Quelques olives charnues au fond et la mixture: jus d'olive et vodka. Alcool salé... et pistaches fraîches...Un délice.

Deux gorgées et ma posture sur le canapé, je le sens, a quelque chose du navire perdu en mer par un soir de tempête rageuse. On ne regarde même pas le film dont on a parlé tout l'après-midi, on se raconte des trucs de filles. 

Demain, grand tour dans le quartier, rencontre avec John, Linda, et d'autres voisins...

Maria Teresa rit en me faisant les portraits des uns et des autres. Ça va me plaire...



Le lien, au cas où...

Tuesday Jan 29th

Skype.

Il fallait en parler un jour où l'autre. Logiciel magique s'il en est, qui fait apparaître dans un petit rectangle les visages souriants des êtres que j'aime le plus au monde, emplissant soudain ma petite chambre des éclats de leur voix, et je suis alors transportée dans ma chère Ville Rose.

6011.423 km...

J'adore mes parents. 

Ils n'ont jamais cessé de se battre pour que la vie soit belle.

Et toujours, toujours avec le sourire. 

Ils ont réussi, pendant des années, à me faire croire qu'on était les plus forts du monde et qu'il ne pouvait rien nous arriver.

Mon père, derrière le rayon boucherie; ma mère, comme elle a pu, récurant les salles de bain des autres et emmenant leurs enfants à l'équitation.

Mon père, avec le jeu des capitales à table le soir, et Supertramp à fond dans la voiture quand on  partait au bord de la mer, "Dreamer, you know you are a dreamer...", l'odeur des gauloises et le steak frites du samedi soir...

Ma mère et ses vinyles de Simon and Garfunkel (Live in Central Park 1981) et d'Elton John, la 4L bleu ciel et la mousse au chocolat...

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Exaltée, elle décroche donc le téléphone virtuel avec un "Eh bonjour ma cocotte!" si cher à mon coeur. Depuis quelques années, elle se familiarise avec le net. Mon père lui a offert un ordinateur portable pour son anniversaire... Alors, la voilà qui découvre des sites de recettes, fouille le Bon Coin, entreprend des recherches généalogiques. Son visage est proche de l'écran, sa main est un peu crispée sur la souris, et elle grimace lorsque son double-clic est trop lent. Sur Skype, elle oublie toujours de régler son écran, ce qui fait que je discute littéralement avec son front. Je vois ses sourcils se hausser de temps en temps. Et ça me fait beaucoup rire. 

Quant à mon père, il commente au loin les péripéties qu'elle me raconte en y ajoutant, comme une ponctuation, les petits détails qu'elle oublie dans son élan.

C'est toujours le même scénario mes parents. Ils ont une histoire à vous raconter et c'est à celui qui vous la raconte le mieux... "Non, mais c'était pas jeudi!...", "C'est pas ça qu'il a dit...", "Mais elle s'en fiche, passe là-dessus"... "Pas besoin de crier Jean, elle t'entend..." "Tu vois? Tu lui avais déjà raconté, ça"... 

Chacun de leur côté, ils m'envoient aussi parfois de petits emails, des mots de réconfort et d'encouragement que je garde précieusement. 

Serai-je, un jour, à la hauteur d'un tel boulot...? Parent...

La question est posée.

Ces toutes petites choses-là, qui demeurent inchangées, m'apaisent beaucoup.

La vie va si vite, ici. Tout y est excès et folie. Si bien que les voix de mes parents, leurs expressions dans le petit rectangle me rappelent aux valeurs simples, me rappelent d'où je viens. Ils sont tous les deux la base solide de l'histoire. Ce sont ces deux personnes-là qui m'accompagnent, qui ponctuent ma vie depuis toujours. C'était les mêmes aux réunions parents-profs et aux kermesses, les mêmes aux engueulades et au coaching du dimanche soir...

 

Ma soeur, c'est encore autre chose. Du crêpage de chignon au copiage de fringues, on a fini par devenir très copines. Tout ça, grâce à mon père qui ne manquait pas, à chaque dispute de nous répéter, avec un accent toulousain caractéristique, et à la façon d'un coach de rugby:

"Mais enfin, vous êtes deux! Pas dix, deux! Comment faites-vous pour ne pas vous entendre? Je comprends pas...Vous avez le même sang qui coule dans les veines! Soeurs vous êtes, soeurs! Si Maman et moi on disparaît, vous serez toutes les deux seules au monde! Alors, entendez-vous, non? Bon! Faites la paix, de suite! De suite! Hélène, fais un bisou à ta soeur! Et Marie, donne l'exemple Poulet, c'est toi la grande..."

...Poulet étant, je tiens à le préciser ici, un équivalent tout à fait honorable, et tout aussi affectueux qu'un ma chérie ou ma fille, simplement nettement moins facile à porter devant la grille du collège...



Ma soeur donc, ma petite soeur, c'est avant toute chose, un rire. 

Mais un rire énorme, qui vient du fond des entrailles, un rire qui vous enveloppe façon multi-couches. Et un rire qui explose, peu importe l'endroit ou la tenue, qui fait sursauter l'assemblée, surtout lorsqu'il jaillit d'une si petite fille... 

Ma soeur, c'est des bises qui claquent, des yeux qui brillent. C'est des souvenirs en pagaille, à se tordre de rire. Dans l'enfance, on s'est tellement amusées... On est restées un peu gamines, quelque part. Et ça nous plaît bien.

Ma soeur, Hélène, c'est l'amie que je ne perdrai jamais.

Et sa petite Olivia, 2 ans et demi, demande maintenant à Maria Teresa de venir lui faire des bises par écrans interposés. 



Ma famille.

Ma force.



Quand on est loin, ces choses-là prennent une importance toute particulière.

Wednesday Jan 30th

New York abrite des milliers de restaurants, c'est un fait. On peut manger de tout, partout.

Et, deux fois par an, des établissements de qualité proposent des menus à prix fixes tout à fait abordables. Demain, je déjeune avec Anne et ses copines au Bar Boulud, sur Broadway, pour $25...

La première édition de cette semaine des restaurants date de 1992 et elle demeure une tradition ici.

L'idée est formidable je trouve. Plus de 300 restaurants y participent dont certains vraiment prestigieux.

Je n'ai pas encore eu l'occasion de tester une bonne table.

 

 

Après ça, je vais voir une pièce de théâtre avec Frank et des gens rencontrés lors de la masterclass de Marion Cowings, dimanche dernier. C'est une création d'un de ses amis metteur en scène, un autre Frank. Ces deux derniers jours ont été bien trop calmes, me voilà repartie Downtown...

Jolie parenthèse



Le site marielouisedesage.com enregistre aujourd'hui plus de 2500 visiteurs.

Merci à vous tous qui suivez cette aventure quotidiennement,

merci de tous vos messages, de vos encouragements. 

J'arpente New York en pensant à vous.

Trombinoscope géant dans ma tête. 

Tous ces visages...

Tous ces univers différents...

C'est un peu fou.

J'adore.



A demain.

 



Soupe de poisson
Fish soup, saffron potato, steamed mussels

 

Salade dhiver
Arugula, shaved kohlrabi, toasted hazelnut
dried sour cherry, chervil goat cheese
 
 Pâté de campagne
country style paté, pork, chicken liver
 
~~~

Aile de raie sautée
Slow baked atlantic skate, saffron fennel confit, potatoes
pearl onions, button mushrooms, aïoli nage

 

Cavatelli
Housemade cavatelli, wild mushrooms
root vegetable confit, clothbound cheddar 

Saucisse aux choux de bruxelles
Pork link, brussels sprouts, onion
potato paysanne, pork jus
 
~~~
Tarte chocolat et noisette
Hazelnut frangipane, chocolate ganache
coffee ice cream

 

Coupe aux agrumes
Almond biscuit, lemon and lime compote
lemon thyme meringue, orange mouss
e

Sorbets et glaces
chefs selection
2 scoops of housemade sorbets and ice creams

Thursday Jan 31st

Ce que j'ai aimé avant tout, c'était ces belles nappes blanches amidonnées, la simplicité et la délicatesse de la décoration. Bois et galets. 

Le menu est donc à $25 (18,50€). Aïoli, frangipane, et safran me mettent déjà l'eau à la bouche... Je ne guérirai jamais de ma gourmandise. Jamais...



Nous sommes donc cinq filles autour de la table. Sex and The City. Nous y voilà.

Anne est venue avec trois amies qui travaillent avec elle au Cafe Condesa. C'est là que je l'ai rencontrée dimanche dernier.

Le Café Condesa est un petit lieu chaleureux, accolé au Smalls. On y sert de savoureux brunch, des soupes veloutées et de fraîches salades de saison... 



















Trois Mexicaines-New-Yorkaises (métissage explosif) parlent à toute vitesse. Anne me raconte son parcours, son amour pour cette ville. A mon "Je ne suis là que pour quelques mois" elle sourit... "On commence tous comme ça ici, puis on ne veut plus jamais repartir"...

...

Bref.



On n'est jamais seulement serveuse à New-York. C'est toujours un "à côté"... On chante, on passe des castings, on étudie, on danse, on est de passage.

Anne dessine, elle fait de bons gâteaux. Son amie Juana étudie le cinéma, souhaite devenir réalisatrice, Mariana est comédienne...

Délicieux repas en Espanglais, donc. Les langues se mélangent pendant que les cuillères râclent frénétiquement le fond des assiettes.

Le mois prochain, Juana quitte le restaurant pour voguer vers d'autres rives.

Une place de serveuse va se libérer...



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J'ai rendez-vous ensuite au Consulat de France. On m'a parlé d'une association qui regroupe des français de New York, et qui organise pour eux des activités, des rencontres, des ateliers en tous genres. Un site internet permet de déposer de petites annonces lorsqu'on est adhérent. L'idée est bonne. Je ne suis pas en mal d'intégration, les français ne me manquent pas vraiment. Ma démarche ici consiste avant tout à rencontrer les gens qui font cette ville, pas à retrouver la France. Mais il est toujours bon d'élargir son réseau. Des belles personnes, il y en a partout. J'avais envie de proposer de petits concerts à domicile par exemple, pianiste et chanteuse. Aller jouer chez les gens, avec un joli répertoire. Je ne sais pas si l'idée est bonne, je vais la proposer sur le site...

Je rencontre donc Christelle et Nathalie, les deux bénévoles qui tiennent la permanence. Tous ces gens qui parlent français, tout d'un coup, ça me fait drôle! L'adhésion à l'association coûte $50 par an et l'on peut ainsi profiter de tous les services qu'elle propose.

Une jeune femme, de passage dans les bureaux, demande si elle pourra rencontrer d'autres "jeunes". "Parce qu'à Rio, dit-elle d'un air las, il n'y avait que des quinqua"...

Rio je me répète intérieurement. Ce doit être fabuleux de passer sa vie à parcourir le monde.

Quinqua, ou pas...

Nathalie m'explique rapidement le fonctionnement de l'association, me remet un guide de 300 pages. Des assurances de santé aux crèches, en passant par les entretiens d'embauche et les clubs de gym, tout y est détaillé. 



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Le soir, Frank m'attend au Fanelli's, sur Prince street.

Fanelli's, encore un lieu emblématique de Soho (SOuth of HOuston street, pour le petit clin d'oeil culturel). C'est un des plus anciens restaurants de la ville. Saloon en 1878, puis speakeasy pendant la prohibition, on y croisait Cary Grant dans les années cinquante.

Ici, les nappes sont rouges et blanches, à carreaux, les tables sont proches les unes des autres et les murs sont recouverts de vieilles photos jaunies. On y passe de vieux disques de Glen Miller. 

Je porte une robe vintage à boutons, noire et blanche, une ceinture vernie rouge taille haute, assortie à mon rouge à lèvres et mes souliers. (Vivre ici, c'est aussi s'habiller enfin comme on en a toujours rêvé), un instant, j'ai l'impression de voyager dans le temps...

Quelle drôle de sensation.

Moonlight Serenade...

C'est justement le titre de la pièce que nous allons voir, au premier étage du Fanelli's.

Une salle y a été aménagée pour recevoir des performances d'artistes, expos et autres petits spectacles. J'y retrouve Marion Owings, le chanteur, et certains des élèves de sa masterclass de dimanche dernier. C'est Frank Ammirati qui a mis en scène cette pièce de Nick Napolitano. Nick y joue d'ailleurs le rôle principal.

Un type trouve une malle remplie de vieux souvenirs des années trente au fond de la boutique d'un de ses amis antiquaires,  et plonge dans le passé...

Un joli moment, et des acteurs qui m'ont rappelée à ma première passion, la comédie.

La soirée se termine chez Arturo. Linguine ail et huile d'olive. La simplicité du bonheur. Jimmy Lattegano (voir au 12 janvier) est là, et on se partage le micro...

Avec Frank Ammirati.

Arturo's ✭ 31 janvier 2013